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août 2012 0 Commentaire AUTHOR: Aym CATEGORIES: Afrique, Europe

Tenerife

Si vous résumez Tenerife au soleil et au farniente et bien vous faites une erreur, les Canaries ce ne sont pas que des clubs-hôtels où l’on reste au bord de la piscine. Voyons un peu…Les Canaries sont un archipel qui attire les touristes pour son climat, localisé au large de l’Afrique du Nord, dans le prolongement du Sahara occidental, ce fameux Sahara dont je reparlerai un peu plus bas.

Départ de l’aéroport de Bordeaux, escale à Madrid pour un atterrissage final à San Cristóbal de La Laguna sur l’île de Tenerife. Première chose que l’on remarque lorsqu’on approche de Tenerife c’est le relief impressionnant, des montagnes taillées à la serpe qui plongent dans l’océan bleu azur ! Et encore, nous n’avons pas vu le volcan…San Cristóbal de La Laguna, que l’on nomme plus communément La Laguna est une ville classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO et on comprend vite pourquoi en se baladant dans les rues piétonnes, des maisons de toutes les couleurs, des églises construites en pierres volcaniques, de grands balcons en bois de style colonial. Il s’agit de la 2ème ville de l’île, notre pied-à-terre se trouve ici pour la semaine, chez Teresa notre amie qui vit ici.

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Le premier jour, direction les montagnes d’Anaga qui culminent à 1024m d’altitude (pour l’instant ce n’est pas grand chose), au nord-est de l’île. L’ambiance des lieux est particulières, l’impression de traverser des forêts vierges avec une vue imprenable sur l’océan par moments. Après une bonne randonnée, il est temps d’aller goûter à l’eau. On descend en direction de Taganana, un village blanc à flan de montagne où nous dégustons quelques chocos à la plancha (de petites seiches) avec des papas (de toutes petites pommes de terre au sel, spécialité de Tenerife) et pour accompagner le tout, une bière locale, la Dorada. On se fond dans le décor ! En parlant de décor, une plage de sable noir, des montagnes qui tombent à pic dans une mer bleue agitée par de belles vagues. Vacances !

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Le lendemain, nous descendons dans la capitale de l’île, Santa Cruz de Tenerife pour faire le marché et visiter, un marché haut en couleurs avec des fruits et légumes que nous n’avons pas l’habitude de voir par chez nous. Attention aux figues de Barbarie, ça pique et on ne voit pas les aiguilles (transparentes) qui sont tellement fines qu’elles passent à travers les sacs plastiques ! La ville parait bien terne comparée à La Laguna, cependant le jardin Garcia Sanabria est magnifique, nous avons passé 2 bonnes heures à observer les différentes espèces de plantes, arbres et…gros lézards. Ici on trouve des palmiers, des cactus, des oiseaux du paradis, des hibiscus de toutes les couleurs, des bambous répartis le long de grandes allées où l’on peut se rafraîchir à l’ombre ou près des fontaines. Cet endroit constitue une vraie visite (gratuite) incontournable pour les amoureux de la nature. On notera également l’auditorium de Santa Cruz qui peut rappeler les formes de l’opéra de Sydney. Santa Cruz de Tenerife est réputée pour son carnaval qui se trouve être le 2ème plus grand du monde derrière celui de Rio de Janeiro, il a lieu chaque année en février. Pas de « chance », on est en août.

L’après-midi, direction l’autre côté de l’île (la côte nord) à Puerto de la Cruz. Première et seule ville très touristique de l’île que nous visiterons mais qui vaut le détour. Hormis les hôtels, les grandes résidences bétonnées et les parcs d’attraction, la baie est superbe, la roche volcanique noire contraste avec l’eau turquoise qui vient s’y briser, des vagues qui explosent à plusieurs mètres de haut offrent un spectacle devant lequel on pourrait rester des heures. Et puis si on se retourne pour regarder côté terre, un volcan vous regarde du haut de ses 3718m…on y reviendra ! Le petit port de pêche de Puerto de la Cruz est mignon avec de beaux bateaux en bois colorés.

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Parlons un peu température, il fait chaud ! Très chaud. On n’est pas loin des 40° à l’ombre. Heureusement le soleil ne cogne pas toujours, ceci étant du à une sorte de voile nuageux, le ciel ne nous est jamais vraiment apparu bleu, la réponse à ce phénomène : Le vent, les alizés qui balayent d’est en ouest le Sahara emportant le sable du désert qui vient couvrir le ciel au large de l’Afrique et donc sur Tenerife ! CQFD

Le troisième jour, en route pour la pointe extrême ouest : Punta de Teno, pour y accéder, il faut donc traverser l’île, nous en profitons pour visiter les différentes villes sur la route comme La Orotava, célèbre pour son jardin botanique et ses fresques florales qui sont réalisées sur la place de l’hôtel de ville. L’emblème de la commune est un draco, une espèce endémique des Canaries, ressemblant à un yucca, il y en a des énormes sur l’île comme à Icod de Los Vinos.

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Après la Orotava direction Garachico, un village qui fut ravagé par l’éruption du Pico Viejo, la ville a été reconstruite sur la lave solidifiée qui a gagné des dizaines de mètres sur l’océan formant des piscines naturelles dans lesquelles on peut se baigner, des échelles ont même été installée pour les touristes. Nous avons déjeuné dans un restaurant avec une terrasse aménagée sur la lave à quelques mètres de la mer et des vagues, parfait pour prendre 2 coupes de sangria et une bonne paëlla, quand même, on est en Espagne ici !

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Continuons notre route vers l’ouest. Dans l’avion Iberia entre Madrid et Tenerife, nous avions vu dans un magazine qu’il y avait un squelette de mammifère marin dans la petite ville de Los Silos, aucune indication particulière sur les plans, rien sur la route n’indique cet endroit mais nous tentons de le trouver. Nous avions vu que c’était en bord de mer, on décide donc de descendre près des résidences le long de l’océan, en y allant à l’aveuglette…On tombe dessus. Rien de particulier si ce n’est la taille de cet animal ! Qui s’avère être en métal…Mais toujours chouette à voir. Voici la bête, vous remarquerez qu’on a la tête dans le brouillard

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A partir de quelques kilomètres après Los Silos, nous croisons un panneau indiquant que la route n’est pas sécurisée, chutes de pierres fréquentes et que c’est aux risques et périls des conducteurs de s’y aventurer…Go ! En effet, sur la route on trouve de nombreuses roches allant jusqu’à quelques dizaines de centimètres de diamètre, pas énorme sauf que lorsqu’on lève les yeux, la falaise s’élève à quelques centaines de mètres au dessus de nos tête ! Une route vertigineuse à flan de falaise, en contrebas ce sont l’océan et les vagues…Jugez par vous même

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Passées les falaises et roches escarpées, routes tortueuses et tunnels, on arrive en pente douce et en ligne droite vers une plaine, comme une longue langue de lave sur laquelle ont poussé les cactus, l’endroit est touristique, on se demande comment c’est possible alors que la seule route d’accès y est si dangereuse (ou du moins, peu faire peur aux moins téméraires). Au bout de la route, le phare auquel on se fraye un chemin entre les roches volcaniques et la vue sur une autre île de l’archipel, la Gomera, selon les saisons, on peut observer des rorquals, dauphins et cachalots passer entre les deux îles. On voit également vers le sud, les falaises de Los Gigantes (les falaises des géants), un véritable mur de plus de 500m de haut tombant à la verticale dans l’Atlantique.

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Retour dans l’autre sens pour aller profiter à nouveau des plages de sable noir, direction Buenavista del Norte, une des plus belles plages qui m’ait été donné de voir, j’en ai même rapporté du sable en souvenir. Le temps est très couvert mais la baignade y est quand même agréable et cela rend les couleurs plus sombres et l’eau d’un gris/bleu étonnant.

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Une fois bien profité des vagues, nous avons prévu de dormir à Icod de los Vinos, un appartement avec vue sur mer que nous avons réservé pour une nuit pour partir tôt le lendemain matin vers le volcan. Un appartement un peu trop grand pour deux (environ 50m²), mais tellement peu cher pour la situation (50€ la nuit) ! Le soir, pour changer des tapas et autres plats typiques espagnols, ce sera restaurant chinois et surtout coucher tôt après.

6h du matin debout, il fait à peine jour, 2h de route pour arriver au clou du spectacle de ce voyage, le Teide ! Volcan culminant à 3718m au dessus du niveau de la mer, ce qui est en fait le 3ème le plus haut du monde depuis sa base derrières deux volcans hawaïens. Nous partons tôt le matin mais il fait déjà 28°, par contre nous avons prévu de quoi nous couvrir car en haut du volcan, il ne fera guerre plus de 5° ! La route s’élève en lacets jusqu’à arriver dans la caldeira du Teide laissant place à de longues lignes droites. Nous arrivons aux cañadas del Teide, des rochers plantés dans le sol, apparemment d’anciennes cheminées de volcans épargnés par l’érosion et les éruptions, dans le fond, un énorme cône, paysage lunaire. C’est un autre monde, magnifique !

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Pour monter au sommet du volcan, soit une randonnée de 6h, soit le téléphérique, nous prenons la deuxième option (petits joueurs ! En même temps, nous ne sommes pas équipés). Il y a un peu de monde, mais du coup nous avons le temps de prendre un petit déjeuner avant l’ascension. Nous avons pris les pulls mais nous voyons des allemands en tongs/débardeurs, quand nous voyons qu’ils vendent des polaires, gants et écharpes aux boutiques en plein mois d’août, on se dit que ce n’est pas pour en faire des souvenirs ! Une fois en haut, la vue est impressionnante évidemment, le ciel est très couvert, on devine seulement les autres îles au large, mais nous voyons très bien la caldeira, cela ressemble à une grosse empreinte sur la lune. D’en haut partent plusieurs sentiers panoramiques, nous empruntons celui qui emmène vers un autre volcan, le cratère du Pico Viejo, celui qui a provoqué la destruction de Garachico dont j’ai parlé un peu plus haut. Le vent est froid, quelques goûtes de pluie, on ne s’éternise pas sur place au risque de geler sur place !

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Le volcan étant toujours en activité, quelques fumerolles s’échappent par endroits, et des odeurs de souffre se dégagent. On distingue bien les coulées de laves comme sur la photo panoramique ci-dessus. Retour au pied du volcan pour une visite guidée du parc national avec une guide espagnole très intéressante et passionnée, faune, flore, roches, tout y passe et rien ne lui échappe. Nous décidons de poursuivre notre chemin au delà de la visite guidée comme elle nous l’a conseillé, nous sommes les seuls du groupe à faire ce choix, et nous nous retrouvons au milieu de nulle part, sans un bruit, sans personne hormis les gros lézards à noeuds papillon bleus (20cm à peu près).

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Après cette excursion extra-terrestre, nous devons reprendre la route pour La Laguna, dernier soir sur place, il nous reste une grosse demie-journée le lendemain, le soir c’est cuisine d’une tortilla maison et vu qu’on est vendredi, nous allons prendre un verre dans un bar brésilien, boire quelques caïpirinhas.

Dernier jour sur place hélas…Nous Retournons dans les montagnes d’Anaga mais de l’autre côté, le temps est un peu plus dégagé car le vent n’est pas d’est ce jour-ci. Les nuages défilent par le nord. Pour terminer, avant le retour à l’aéroport, nous décidons de descendre sur la plage préférée des habitants de Santa Cruz, la playa de las Teresitas. Ici c’est plage de sable « normal » avec palmiers, terrains de beach volley, transats, moins sauvage donc mais tout aussi agréable, la température affiche 40° à l’ombre. Marcher les pieds dans l’eau fait le plus grand bien. Sur ce, nous devons retourner à l’aéroport pour retourner en France, avec notre sable et nos pierres volcaniques en souvenir.

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