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octobre 2010 0 Commentaire AUTHOR: Aym CATEGORIES: Afrique

Congo

De prime abord, ce pays n’est pas une destination à laquelle on penserait pour aller faire du tourisme. Commençons par les préjugés et les faits : La République Démocratique du Congo (qui n’a de démocratique que le nom), est le deuxième pays le moins riche, ou alors le plus pauvre du Monde. Niveau sécurité, on n’en entend jamais parler en bien aux informations ou dans les journaux. Alors qu’en penser sur place ?

On me dit « tu pars en mission 2 semaines au Congo pour du relevé de terrain dans 2 provinces du pays, le Bas-Congo et le Bandundu ». Allez c’est parti ! Billets d’avion en poche, go to Paris en direction de Kinshasa la capitale du Congo avec une escale à Bruxelles. Tout commence bien quand arrivé à l’aéroport, le vol Paris-Bruxelles est annoncé annulé ! Bon, prise d’assaut du guichet Brussels Airlines, avec mon motif professionnel et mon ordre de mission, je fais partie des chanceux qui se voient remettre un billet sur le vol direct Air France Paris-Kinshasa. Bingo, 3h de voyage en moins pour un départ sensiblement à la même heure.

Qui dit Air France dit confort, apéritif à volonté, écran personnel et tout le tralala…Profites-en, le confort ne sera pas le même à l’arrivée sur le plancher des v…bonobos ! Le vol est superbe avec la traversée de la Méditerranée, du Sahara et de ses regs et ergs que l’on distingue bien vu du ciel. L’atterrissage à l’aéroport N’Djili de Kinshasa n’est pas une partie de plaisir pour les peureux de l’avion (ça ne me concerne pas) car la piste n’est pas la plus propre de toutes et au mois d’octobre commence la saison des pluies et des tempêtes tropicales.

A la sortie de l’avion, c’est parti pour 2h d’attente à l’extérieur pour passer les contrôles de douane par un 35° et surtout un 80% d’humidité. Je me suis liquéfié net sur place ! Une fois passé et le bagage récupéré, il faut se frayer un chemin vers le chauffeur venu me chercher et éviter les taxis, les vendeurs de cartes téléphoniques, les enfants qui demandent de l’argent, etc. Il faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de blancs dans le pays, à l’aéroport je suis une bonne proie. Surtout que je voyage avec 3 grosses mallettes noires durcies, genre transport d’armes mais, qui contiennent du matériel GPS.

Le trajet en taxi de l’aéroport vers l’hôtel à Gombe par le boulevard Lumumba est assez drôle, de nuit, avec une circulation hallucinante, 8 files de véhicules dont 1/3 n’a pas de phares, les voitures en panne, les gens qui poussent, c’est…un autre monde ! Et encore, c’est l’un des faibles axes goudronnés de la ville voire du pays donc ça roule bien… Arrivé à l’hôtel, prise de connaissance des lieux, de la chambre (150$ la nuit tout de même), pas d’eau courante le premier soir, mais deux seaux posés dans la salle de bain, par contre l’électricité fonctionne sans trop de soucis, de toute façon je ne reste que 2 nuits à Kinshasa avant de partir pour le Bas-Congo.

Kinshasa est une ville abîmée par les conflits, les guerres ont laissé des bâtiments encore éventrés à côté desquels on peut trouver de nouveaux sièges totalement neuf. Une ville en reconstruction donc. Pour bien m’accoutumer au pays, on m’emmène boire un « verre ». En temps qu’ancienne colonie belge, le Congo propose des bières brassées localement comme la Primus, la Mützig ou la Skol (que l’on trouve dans de nombreux pays d’Afrique). Ici la cannette classique, l’équivalent de notre 33cl est en fait une bouteille de 72cl ! Compter 1000 francs congolais soit 85cts d’euros…Le bonheur !

Niveau gastronomie, pareil, je mange local, car il n’y pas le choix de toute façon :

  • Chèvre grillée achetée dans la rue
  • Chikwangue (pain de manioc dans une feuille de bananier)
  • Foufou (farine bouillie) servie avec du poisson du fleuve
  • Riz
  • Antilope

Tout est très bon, la viande est forte en goût, ce qui relève les plats car le manioc et autres farines ne sont là que pour remplir l’estomac et couper la faim.

Après deux jours passés dans les bureaux du ministère du développement rural, nous prenons la route en pick up en direction de Matadi sur le fleuve Congo à la frontière de l’Angola. La route est belle car encore une fois, la chance de rouler sur une route bitumée, ce ne sera pas le cas partout par la suite. Après 6h de trajet, nous arrivons à Mbanza-Ngungu pour une nuit étape et quelques heures afin de relever des données au GPS pour le projet de développement rural.

Mbanza-Ngungu est une ville anciennement touristique car dans des vallées et vallons et dans laquelle on peut visiter des grottes. Pas le temps de faire du tourisme, la nuit et le repas se passe à l’hôtel/restaurant le Poulet-Show, original comme nom ! Par contre, pas d’électricité ni d’eau courante, mais bon. Une seule chose ne compte : Dormir !

Le lendemain, après quelques relevés GPS d’infrastructures agricoles et bâtiments de formation, nous reprenons la route pour Matadi, en essuyant une petite tempête tropicale (pluies diluviennes, arbustes qui volent, coulées de boue, etc.) qui a l’avantage de rafraîchir l’atmosphère. Sur le chemin, nous devons nous engager sur quelques pistes en terre, ce qui permet de voir un peu de paysage et d’entrer dans des villages offrant un visage plus typique que les villes salles et insalubres.

Arrivé à Matadi, grande ville du sud ouest du Congo, qui semble être très orientée vers le transport et les échanges, un grand port maritime, et un point de départ du réseau ferré qui permet l’acheminement des marchandises vers la capitale Kin’ comme on la surnomme. Ici je séjournerai 2 nuits au Safari Hôtel, l’électricité y est fournie par intermittence (le délestage se fait par quartier dans la ville). De l’hôtel, il y a une belle vue sur le fleuve et le pont Maréchal qui traverse le fleuve Congo. Le restaurant y est super bon, le petit déjeuner particulièrement avec de bonnes omelettes aux oignons, du jambon et des toasts grillés, beurre et confiture. Parfait pour se caler pour la matinée !

Le reste de l’aventure se passe entre Matadi et Seke-Banza, la partie ouest du Bas-Congo au nord de Matadi, trajet sur de longues pistes en terre rouge, je traverse plein de villages, toujours plein d’enfants autour de la voiture et de moi lorsque je fais les relevés GPS, intrigués et il faut dire que les blancs ne courent pas les rues tous les jours par là-bas.

Retour à Kinshasa après 3 jours dans le sud, le temps d’aller faire une petite virée en ville, quelques marchés d’art. On trouve beaucoup de sculptures, peintures et objets de Tintin, Tintin au Congo oblige et également la culture belge encore bien présente.

Le reste du voyage ne sera pas une partie de plaisir pour moi suite à des problèmes de sécurité qui m’ont contraint à quitter le pays en urgence. Malgré cela, je reste très heureux de cette aventure, et j’aurais eu la chance de découvrir ce pays où finalement peu de personnes dans le Monde vont s’aventurer.

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